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LES NOUVELLES - JUIN 2008

L’essai positif de creusement de 24 puits en 2007 au Sénégal a permis de programmer pour 2008 le creusement d’au moins 100 nouveaux puits dont 52 déjà creusés fin mai. Autour de chaque puits naît une oasis qui, grâce à l’eau, au soleil et au génie paysan, pourra créer la fin de l’exode rural.

Et pourtant les conditions à l’accès d’un contrat de creusement sont strictes : remboursements obligatoires (étalés sur 3 ans), respect des 5 conditions agroécologiques (voir notre site : http://www.sahelpeopleservice.com/nos_actions_charte_agro_ecologique.html).

Pour rendre notre action pérenne et capable de servir de modèle à la plupart des zones sahéliennes, l’association a appelé en renfort des personnes expérimentées sur les problèmes sahéliens et dotées des connaissances organisationnelles capables d’éviter tout emballement face à la très forte demande. Anita Pellegrinelli-Castan, chargée de missions à Terre et Humanisme pour le développement en Afrique de l’ouest, a accepté de mettre ses compétences au service de notre organisation. Nos huit collaborateurs sénégalais l’ont rapidement adoptée.

C’est l’association AFAFA (aide aux femmes africaines par la formation à l’agroécologie) qui aura la responsabilité du déroulement du programme en partenariat avec SPS. AFAFA sera autonome dans l’organisation et la gestion du programme qui consiste à propager le concept d’oasis avec le souci du reboisement auprès des paysans, à sensibiliser les femmes sur les moyens simples à lutter contre la désertification en utilisant moins de bois pour la cuisine. SPS restera en soutien financier et technique pour que ce programme se généralise dans la région de Fatik.

La mission de SPS est de faire comprendre aux familles sahéliennes que nous ne sommes pas là pour leur faire la leçon, ni pour les diriger. C’est en évoquant, avec eux, la richesse de leurs propres traditions que les influences colonisatrices ont essayé de détruire, que nous contribuerons à leurs démarches vers l‘autonomie.

Cela ne nous empêche pas de leur apporter certaines expériences agricoles faciles à adopter, notamment la sous-soleuse capable de remuer en profondeur les sols compactés, des sols morts incapables d’absorber l’eau des pluies annuelles. La sous-soleuse, qu’un forgeron peut fabriquer, existait déjà au 18ème siècle en Flandres et Jean-Claude Bergez, agriculteur à la retraite, nous a apporté un modèle pouvant être utilisé et reproduit localement ; une paire de bœufs sont en dressage à cet effet.

Comme le village de Ndièmane peuplé de 4000 habitants souffre comme tous les autres villages du manque d’eau ménagère, nous avons fait une entorse à nos principes en important de France en fret accompagné une sous-soleuse classique de 152 kg. Le chef du village qui possède le seul tracteur de la région s’emploie à sous-soler de larges bandes autour du village afin d’empêcher le ruissellement désastreux des pluies attendues de juillet à septembre. Ainsi nous pouvons espérer que les nappes phréatiques seront mieux régénérées.

Devant cette situation dramatique où l’eau et la nourriture se font rare, nous avons à prendre quelques leçons. Actuellement, pour la population locale, il y a hors du village les 76 puits creusés qui attirent les charrettes chargées de bidons à remplir. Même si le paysan aura moins d’eau pour ses propres cultures, il ne refusera à personne de venir en prendre. Autre exemple, les greniers à mil seront vides bien avant la récolte suivante ; en occident se serait la panique, le marché noir et autres aléas ; et bien non, chacun se serrera un peu plus la ceinture et ils reprendront du poids après la récolte ! L’entraide du peuple sahélien n’est pas que légendaire.

Nous remercions les volontaires, dont Manue et Yann qui au cours des trois premiers mois de l’année ont aidé à bien structurer le centre et mis en route les expérimentations semencières en partenariat avec Kokopelli. Merci aussi à David Gloaguen, chercheur en économie paysanne, qui jusqu’à l’automne aide aux travaux du centre tout en préparant un court métrage sur notre travail.

Votre aide sous forme de prêts ou de dons est la bienvenue, d’autant plus qu’auprès des autorités l’aide se résume aux paroles d’encouragement, sans plus. Plus nous serons aidés, plus nous pourrons creuser des puits sans danger de tarissement, puisque accompagnés de reboisement.

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